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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 11:09

La neige tombée en abondance a coupé les routes. Elle a cassé des branches, causé des chutes d'arbres, provoqué des coupures d'électricité. Mais elle a eu aussi des conséquences sur la vie animale.

Dans le village de Tibhirine, l'élevage de moutons est une activité traditionnelle. Les trois semaines de neige ont provoqué des pertes dans les troupeaux car les moutons sont restés confinés à l'intérieur et ils ont souffert du froid. Le troupeau du monastère n'y a pas échappé. Ce matin-là, Sami a trouvé une bête en mauvais état. Il a tenu à m'initier aux pratiques locales.

 

S’agit-il d’un principe universel ? Je ne sais pas. En tous cas, ici un mouton malade est un mouton condamné à disparaître rapidement. Mieux vaut donc l’abattre avant qu’il ne souffre ou qu’une mort naturelle ne le rende inutilisable.. C’est ce qui s’est passé jeudi dernier. Ames sensibles, s’abstenir de lire la suite…

Voici les dix commandements pour une préparation en bonne et due forme...

 

1ère étape : transporter le mouton jusqu’au lieu propice à son exécution. Pour cela, une personne saisit la bête par ses membres antérieurs, une autre par ses membres postérieurs. Tête en bas, le mouton est acheminé vers le lieu choisi.

 20120223 (2) (Copier)

2ème étape : allongé sur le flanc, les pattes immobilisées par une main ferme, le mouton est tué rapidement et se vide de son sang.

 

20120223 (6) (Copier)


3ème étape : une baguette taillée en pointe est introduite dans une des pattes arrière pour pratiquer une ouverture sous la peau de l’animal. Cela permet ensuite d’introduire un tuyau. On y insuffle de l’air, ce qui gonfle le mouton et permet un décollement de la toison.

 

 

 

 

20120223 (8) (Copier)

 

 

4ème étape : commence alors le découpage de la toison. En partant de chacune des pattes postérieures et en remontant le long du ventre, l’incision se prolonge jusqu’au membres antérieurs.

 


5ème étape : la bête est entièrement dépouillée de sa toison.

 

6ème étape : la tête et les pattes sont tranchées et mises de côté pour la préparation ultérieure d’un plat qui sera très apprécié dans les familles. 


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7ème étape : le mouton est suspendu pour finir de se vider et faciliter le travail d’éviscération.

 

 

 

 

 

 

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  8ème étape : l’observateur de passage est invité à apporter une contribution au dépeçage.

 

 

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9ème étape : certains morceaux de choix sont offerts aux « adoptés » pour améliorer un de leurs prochains menus.

 

 

 

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10ème étape : le reste est congelé pour des agapes ultérieures.

 

Si dans quelque temps nous apprenons la cuisine locale, nous vous transmettrons les recettes !

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anneethubertploquin-dcc - dans 2012 - Février
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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 11:26

Ils sont venus ! Malgré, la pluie, la neige, le froid, ils ont osé « monter sur la montagne » pour une célébration des Cendres et re-"descendre" dans la même journée!

 

Vingt-quatre personnes de notre diocèse d’Ille-et-Vilaine ont commencé leur pèlerinage sur les pas de Charles de Foucauld ; mardi soir célébration à Notre-Dame d’Afrique et mercredi montée à Tibhirine.P1010494 (Copier)

Nous les espérions mais la neige nous a fait craindre leur absence jusqu’à l’annonce de l’arrivée du car à Lodi. Jean-Marie a tiré le « chasse-neige » jusqu’au hameau de Ain Raiss pour libérer la route et, en les attendant, ce fut un ballet de nettoyage pour essayer  de les accueillir au mieux.P1010460--Copier-.JPG

 

 

 

 

 

"le chasse -neige monastique"

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Malgré nos efforts, la pluie, la boue et le froid les ont accueillis pour la journée!

 

 

 

 

 

 

 

Quelques mots à la porterie, puis un passage en silence dans le cloitre jusqu’à la chapelle ont ouvert cette journée. Jean-Marie a situé l’importance  de frère Luc dans le dialogue de vie ici avec les habitants avant de célébrer l’entrée en Carême :P1000451--Copier-.JPG

La charité, l’Amour  : la main tendue vers les frères

La prière : la main tendue vers Dieu

Le jeûne, l’effort : la main entrelacée avec les deux autres : le jeûne trouve son sens dans la prière et le partage.

Ici les moines vivaient ces trois dimensions dans le secret ; nous sommes invités à notre tour à vivre ces trois temps dans le secret pour devenir des hommes et des femmes libres devant Dieu et devant les hommes.

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Un repas pris à l’hôtellerie suivi d’un temps questions réponses a permis à chacun de se réchauffer avant d’oser ré-affronter la boue et le froid pour aller jusqu’au cimetière « saluer les absents » qu’un grand manteau blanc recouvre encore.

P1010482 - Copie (Copier)Retour par le cloître, visite un peu rapide… mais l’escorte attend pour repartir avant la neige.

 

Nous espérons que le groupe trouvera le soleil et la chaleur au cours de sa prochaine étape à Tamanrasset.

 

P1010492 (Copier)

 

Pour nous, quelle joie d’accueillir des  pèlerins de « chez nous » et même de Cesson ! d’avoir les « bonjour » de chacun et… de recevoir le courrier arrivé à Cesson depuis le 9 décembre ! Merci pour vos vœux de Noël qui nous font entrer en Carême.

C’est un clin d’œil délicieux sur la façon dont on prend son temps ici !!!

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anneethubertploquin-dcc - dans 2012 - Février
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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 15:36

Il y a 8 jours, Alger était sous la neige. Aujourd’hui, nous sommes à Tibhirine dans la neige ; mais entre les deux ? Etonnant…

 

Jeudi, soleil, descente à pied jusqu'au CCU, bibliothèque universitaire où travaille etudiantes-Copier-.JPGCéc ile (Cf. plus bas) ; 45mn de marche, il fait beau. Dans le petit jardin du CCU, des étudiantes travaillent dehors.


Vendredi, soleil et chaleur : nous avons déjeuné à Alger dehors au soleil sur une terrasse… C’était super ! De quoi oublier la neige ! En plus, nous étions avec trois couples français et leurs enfants (onze enfants  entre 12  et 4 ans). Ce fut une très bonne après-midi.

 

 Basile-et-H--Copier-.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cecile-au-CCU--Copier-.JPG

 

 

Samedi,  nous avons joué les grands-parents de garde avec Basile, pour permettre à ses parents de profiter d’une journée de formation. Les parents de Basile sont Thibault et Cécile, volontaires comme nous ; nous avions fait ensemble, en juillet, la session de préparation au départ. Nous les voyons souvent.Basile--Copier-.JPG

 


Vers 16 heures,  Hubert a essayé de jouer au ping-pong avec quelques enfants venus passer l’après-midi au foyer des jeunes… Il aurait fallu 25  raquettes et d’autres tables ! L'unique table sans filet a pu servir et deux enfants tenaient eux-mêmes le filet pour les joueurs. Un peu juste certes, mais c’était  un début et le soleil a permis quelques échanges entre pongistes.P1010304--Copier-.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pingpong-Copier-.JPG

 

 

 

 

Dimanche, toujours au soleil, nous sommes partis à pied et nous avons découvert d’autres vues sur Alger.

Alger-vue-de-Poirson--Copier-.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lundi, autre lieu, autre temps. Nous déblayons la neige avant d’accueillir un groupe et la pluie nous tient compagnie pour la soirée.H-et-Y--Copier-.JPG


Mardi, les contrastes continuent mais, au cours de la même journée. Lever avec le soleil,  déjeuner avec du grésil et une après-midi avec un ciel gris et un ciel bleu qui jouent à cache-cache! Mais il fait très froid.

chemin1 (Copier)

 

 

 

 

 

 

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anneethubertploquin-dcc - dans 2012 - Février
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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 11:22

Bonjour,

Nous avons lu ensemble votre article, et certaines  quP1130203 (Copier)estions se posent...

Maïwenn voudrait savoir ce que sont des moines, et comment s'appelle la tour blanche qui est sur l'une des photos d'Alger.

Elise voudrait savoir si on peut monter dans cette tour et elle se demande si ce n'est pas trop dur de monter tous ces escaliers dans la ville.

Elle demande si on pourrait voir des photos du jardin de Tibhirine et du travail qu'il y a à faire...

 

Commentaire n°4 posté par Famille de petites-filles.... le 12/02/2012 

 

Réponses pour Elise (8ans) et Maïwenn (6ans) qui habitent Evry.

 

Les moines ?  Heureusement, Maïwenn,  je t’ai vue en direct par Skype et nous avons parlé des moines, car c’est un peu long à expliquer ici. Je te joins une photo où tu me vois juste à ton âge ; je suis à l’abbaye de Bellefontaine où habitent des moines comme ceux qui étaient venus à Tibhirine ; sur la photo je suis avec ma cousine Brigitte et mon oncle Philippe, le frère de mon Papa (ton arrière grand-père).

Voici une photo où tu le vois sur son lieu de travail : la bibliothèque et une photo prise en 2008.

Frère Philippe est toujours à Bellefontaine et nous l’avons vu avec Père Etienne juste avant de partir pour l’Algérie. Leur communauté parraine notre séjour ici. Cela veut dire qu’ils pensent à nous et prient pour nous comme le font sûrement ton parrain et ta marraine pour toi ; c’est très important pour nous.

BR et AR avec Ph (Copier)

 frere-Philippe-Copier-.JPG

 

Août 2008 243 2 (Copier)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment s'appelle la tour blanche ? Elise voudrait savoir si on peut monter dans cette tour.

Cette tour est le « monument aux martyrs d’Algérie ».

Voilà une explication que j’ai trouvée sur internet :P1010355 (Copier)

« Formé de trois palmes  stylisées qui se rejoignent à mi-hauteur, ce monument en béton construit par la société canadienne Lavalin, d'après une maquette réalisée à l'école des Beaux-Arts d'Alger sous la direction de Bachir Yellès, s'élance jusqu'à une hauteur de 92 mètres.

Les trois palmes supportent, à 47 mètres du sol, une tourelle destyle islamique d'un diamètre de 10 mètres et d'une hauteur de 25 mètres, surmontée d'un dôme de 6 mètres. L'ensemble repose sur une esplanade où brûle une "flamme éternelle" et recouvre une crypte, un amphithéâtre et un musée (le musée du Moudjahid) souterrains.

 

Nous avons vu ce monument de près mais nous ne sommes pas encore entrés pour le visiter.

Il domine vraiment la ville, on le voit de très loin.

Je pense qu’il est possible de monter dans la tourelle, mais ce ne doit pas être ouvert à tous, je me renseignerai ; sur la tourelle, ce sont des antennes qui ont été rajoutées (sans doute pour le téléphone ou la TV).

 

Elise  se demande si ce n'est pas trop dur de monter tous ces escaliers dans la ville.

Tu vois, je le craignais beaucoup pour Hubert. Mais pour le moment, ça se passe très bien. Il va doucement mais ses genoux n’ont pas bloqué ! Pour lui c'est difficile de descendre les escaliers et pour moi c'est l'inverse, plus difficile de les monter, mais surtout parceque je manque de souffle, c'est long 100 marches !

Voilà quelques vues des escaliers que nous empruntons souvent.

P1010329 (Copier)P1010337 (Copier)

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Elise demande si on pourrait voir des photos du jardin de Tibhirine et du travail qu'il y a à y faire....

Le jardin ?

Il y a 7 hectares de plantations d’arbres fruitiers. En tout 2 500 environ. La plupart sont des pommiers,. Mais il y a aussi des figuiers, des cerisiers, des pruniers, etc. Jean-Marie est bien occupé avec autant arbres fruitiers(Copier)d’arbres. Mais, en ce moment, pour eux il n’y a rien à faire : ils sont enfouis dans la neige et, malheureusement le poids de la neige a cassé quelques branches.

Autrement il y a un jardin autour des bâtiments et là il faut bêcher les plates-bandes, tailler les arbustes, enlever les mauvaises herbes comme dans tout jardin. Mais, c’est comme pour le reste, en ce moment tout est recouvert de neige et nous faisons des chemins pour accueillir un groupe qui arrive d’Ille-et-Vilaine ; nous souhaitons qu’il puisse entrer et circuler un peu ici.


Le travail du jardin cette semaine : il faut couper à la tronçonneuse toutes les branches cassées…

Coupe-bois-Copier-.JPG

 

 

 

 

 

 

 


Voici pour finir un beau mille-feuilles ou gateau de crêpes pour fêter mardi-gras

 

 

 

Mille-feuille (Copier)


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anneethubertploquin-dcc - dans 2012 - Février
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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 20:22

Voilà maintenant dix jours complets que nous avons quitté Tibhirine, tractés par une pelleteuse de chantier. Et depuis, il nous est impossible d’y retourner. La neige s’est accumulée en montagne, atteignant jusqu’à 130 centimètres, provoquant des chutes d’arbre et surtout privant une bonne partie du village de l’électricité et de ravitaillement. C’est notamment le cas dans « notre » logement qui, sans électricité, se trouve également privé de chauffage puisque le gaz a besoin d’électricité pour fonctionner. Pour nous, ce n’est pas encore trop grave. neige-le-3-02-12.JPGMais dans de nombreuses régions du pays, des gens sont en grande difficulté. Il faut dire que l’Algérie n’était pas préparée à de tels assauts de l’hiver et que les autorités peinent à faire face à cette situation exceptionnelle.

Donc, pas question de repartir vers Tibhirine dans l’immédiat ! Les visites prévues sont annulées ou reportées. Jusqu’à présent, il s’agissait surtout d’ habitants résidant en Algérie. Mais voilà que les premiers groupes en provenance de l’étranger doivent arriver ! Notamment la semaine prochaine un groupe d’Ille et Vilaine avec plusieurs personnes que nous connaissons.

 

En attendant des conditions climatiques moins sévères, nous poursuivons nos contacts sur Alger. Nous devenons des champions de la marche à pied ; les escaliers et les raccourcis n’ont presque plus de secrets pour nous. Nous avons quand même pris notre premier autobus pour revenir de Kouba (un quartier d’Alger) : ce fut une véritable épopée !relais-Kouba.JPG

 

 

relais artisanes Kouba

Il faut dire qu’il pleuvait des cordes et que nous avions déjà beaucoup marché. Mais les embouteillages étaient tels que nous avons cru ne jamais quitter cette banlieue. Nous y étions allés pour visiter le point de vente de produits d’artisanat algérien. Beau travail de tissage et de broderie…

 

 


 

 

 

Maintenant, nous essayons de faire du classement à la bibliothèque de la maison diocésaine, de lire, d’écrire, de  Zahïapoursuivre notre lent, laborieux mais agréable apprentissage de la langue. Kame:l,  Yu:sef, Fadi:la, Na:bil, les membres de la famille fictive que nous découvrons dans nos leçons , ont encore bien des secrets à nous confier avant que nous puissions vraiment dialoguer avec les gens réels. Pourtant, nous avons la chance d’avoir Zahia, une professeure chevronnée et expérimentée !

 

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anneethubertploquin-dcc - dans 2012 - Février
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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 09:31

Coucou Paddy et Mamie,DSCN9791--Copier-.JPG

 

Que-faites vous, en Algérie? 
Nous avons bien vu votre petite histoire sur : les chats, le petit rouge-gorge de Paddy (etc.)...
Nous avons nous aussi eu de la neige ;  quelques flocons lundi après-midi, un  peu pl us mardi,
elle avait un peu fondu mercredi, et, aujourd'hui, jeudi 2, elle a complètement fondu (!)...
                                      Timothée

 

Timothée est un petit-fils de presque 8 ans.

Il habite Orléans.

Photo prise cet été lors d'une séance de maquillage.

 

Cher Timothée,

Nous allons te répondre personnellement (tout ce qui est écrit en italique) mais nous profitons de ta question pour donner quelques explications aux  autres lecteurs du blog.

 

Nous avons accepté d’être pendant au moins un an « volontaires pour la solidarité internationale » ; cela veut dire que nous sommes envoyés dans un pays pour aider, donner un coup de main là où il y a un besoin.

 P1000383--Copier-.JPG

Nous avons donc été envoyés pour accueillir les gens qui viennent visiter le monastère de Tibhirine .  Tu vois nous faisons le « guide touristique » mais pour nous ce n’est ni un musée ni un vieux château, c’est un lieu de prière et les visites sont donc particulières. En plus nous rencontrons des personnes qui sont déjà venues là il y a plusieurs années et du coup c’est elles qui font « le guide » . 

 

   Le "scriptorium" : salle où les moines étudient.

  P1000669--Copier-.JPG  


Ce que nous souhaitons ou essayons de faire :

  Notre premier objectif, c’est de recevoir au mieux les gens qui viennent visiter le monastère de Tibhirine. 

Pour cela, pas de formule « standard » !

Au fil des lectures, des rencontres et de recherches tous azimuts, nous avons emmagasiné des informations de base sur les lieux, leur histoire, la culture locale, la vie des moines qui ont vécu ici, les liens avec les habitants du village et l’environnement, l’entretien du verger, les travaux pour la conservation des bâtiments et les projets d’avenir de ce site.  

 

En fonction de l’intérêt des visiteurs, de leurs connaissances préalables (ou non) des lieux et des personnes, de leurs souhaits, de leurs questions, nous essayons d’ajuster notre discours dans une « formule adaptée ».  Cela peut même aller jusqu’à la version « sur mesure »…  par exemple lorsque nous recevons des personnes qui ont vécu dans le monastère ou qui ont connu les événements qui ont marqué les années quatre-vingt-dix. De guides, nous devenons alors les auditeurs attentifs de ces témoins…

    

Le monastère est dans un village. Nous essayons de faire connaissance avec nos voisins et Paddy rêve d’installer une table  de ping-pong devant l’entrée du monastère pour pouvoir jouer avec les enfants et les jeunes. Mais en ce moment il fait trop froid… il y a 1m de neige au moins.


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  Alors nous sommes à Alger. C’est à 2h de route environ de Tibhirine. C’est une très grande ville, la capitale de l’Algérie ; cette ville est au bord de la mer mais pas du tout plate ! on passe son temps à monter et descendre des rues ou des escaliers très en pente. Ici nous suivons des cours d’arabe et nous rencontrons beaucoup de personnes originaires de différents pays. C’est très intéressant pour nous.

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Notre deuxième objectif, c’est de tisser progressivement des liens avec les familles du village ou des gens des environs. Pour mieux les connaître, partager leurs joies ou leurs soucis, peut-être même avoir quelques activités communes, qui sait ?

C’est aussi d’avoir quelques activités sur Alger où nous descendons en principe chaque week-end. : qu’il s’agisse de rencontrer des communautés et des familles, de pratiquer le tennis de table, de  réfléchir avec des couples, de suivre des cours d’arabe ou des formations sur l’Islam, l’histoire ou la culture de l’Algérie,  de participer à la vie liturgique des croyants, etc. 

     

P1010134--Copier---2-.JPG   P1010135--Copier--copie-1.JPG

          

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

Nous essayons aussi de rester en lien avec vous tous par Skype ou par les mails et par ce blog pour savoir ce que tu deviens et te faire découvrir la vie dans un autre pays.

Et si nous le pouvons nous espérons aller un peu découvrir  le désert plus au sud.

 

Notre troisième objectif, c’est de rester en lien avec vous qui suivez notre histoire en Algérie. Nous sommes en effet très surpris de votre intérêt et de vos réactions à la lecture de nos articles. Heureux de voir que nous contribuons modestement à l’ouverture de votre quotidien, nous profitons nous-mêmes de cet élargissement. Il nous permet de croiser  sur la toile la famille, les MEP de Singapour, les volontaires du Liban, de Centrafrique, du Burkina ou d’Haïti, les amis de Bretagne, du Brésil, du Luxembourg  ou d’ailleurs,  les paroissiens ou les pongistes de Cesson, les lecteurs  que nous ne connaissons pas. Tous ces points qui s’allument sur la carte du monde de notre blog nous ouvrent à « de vastes horizons ».

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Et puis, quand même, quatrième objectif, nous aimerions bien profiter de notre séjour ici pour rencontrer d’autres acteurs et témoins de la vie en Algérie, pour visiter de nouvelles villes, de nouveaux sites, des lieux historiques et spirituels …

 

Programme peut-être ambitieux mais qui, pour le moment, soutient notre motivation à nous insérer dans un pays que nous ne connaissions vraiment pas…

 

Merci Timothée pour ta question , je vais en profiter pour montrer à tous ce que vous avez fait ensemble dans votre jardin .igllo-BMGTAN--Copier-.jpg

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anneethubertploquin-dcc - dans 2012 - Février
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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 10:30

 

Tous les jours j'ai envie de dire : "quel accueil !

Oui, je suis émerveillée par l'accueil qui se vit ici., toujours et partout.

 

Nous avons été très bien accueillis par les permanents de la Maison diocésaine et de l'évêché ;

Nous avons été très bien accueillis par Jean-Marie qui nous attendait pour aller à Tibhirine ;

Très bien accueillis par les autres volontaires de la DCC ;

 

Mais c'est bien au-delà encore :

A chaque fois que nous rencontrons une personne de la communauté catholique, nous sommes reconnus, questionnés : "Est-ce que vous vous habituez bien ? Comment cela se passe-t-il là-haut ? Quelle chance de vous savoir là ! Vous n'avez pas trop froid ? " Etc.

En plus, nous sommes invités pour faire connaissance ; ainsi des communautés religieuses nous recoivent pour un repas, le partage d'une Eucharistie, ou tout simplement pour mieux savoir qui nous sommes et ce que nous vivons là-haut...

Des Français, présents depuis 50 ans ou depuis 6 mois, viennent nous chercher pour un repas chez eux et nous découvrons ainsi des visages et des réalités très variées...

 

A chaque fois je me pose la question : "Et nous en France, dans nos communautés chrétiennes, comment accueillons-nous ? Avons nous cette avidité à connaître des nouveaux, à les recevoir ?"

 

 

Encore plus : dans la rue, combien de fois sommes-nous abordés par les Algériens ? Ils nous entendent parler français alors vite ils trouvent une question pour nous aborder : "Vous êtes revenus au pays ?" ou "Vous êtes là depuis longtemps?" Et tout de suite ils ouvrent la conversation : ainsi à Médéa un homme ravi de nous montrer qu'il savait parler en français ; dimanche deux jeunes dans le métro voulaient qu'on leur envoie une photo ; un vieux monsieur nous a fait un cours d'histoire sur le trottoir et nous a parlé de ses études à Tours (ville où nous avons habité... il était ravi) ; les policiers à qui nous demandons le chemin évoquent la Bretagne... C'est sans arrêt avec une joie, un plaisir de nous parler, de nous souhaiter la bienvenue chez eux.

 

Je me pose une nouvelle question : "Comment est-ce que j'accueille les étrangers qui arrivent chez nous ?"

 

Cet après-midi, cette question m'a habitée en permanence. Voilà ce que nous avons vécu : nous devions aller à la Mairie pour faire "légaliser" des papiers (c'est un sport national ici !) et, comme il nous manquait un papier médical, nous avons visé un hopital assez proche. 

 

A la Mairie, l'employée ne comprenait pas pourquoi le certificat de naissance d'Hubert n'avait pas le même tampon que le mien et elle nous posait des questions ... Ensuite elle s'est excusée de nous déranger par ses questions ne voulant pas paraitre "inquisiteur" face aux étrangers mais cherchant à comprendre. Puis très gentiment, après avoir mis les coups de tampons sur nos feuilles, elle nous a indiqué où aller pour avoir les signatures obligatoires.

 

A l'hopital ce fut incroyable. A l'entrée nous expliquons notre cas. Très gentiment une jeune femme se lève, va mettre son manteau et ressort avec nous pour nous emmenenr jusqu'à la porte du service radiologique ; elle attend que le manipulateur radio arrive, elle lui explique notre cas ; un monsieur alors nous prend en charge, il nous accompagne dans un autre service pour obtenir des ordonnances ; il s'explique avec les médecins puis nous remmène à la radio ; il attend que nous ayons fini pour nous ramener dans le service où on allait nous donner le certificat.

Là deux femmes médecins nous ont souhaité la bienvenue, nous ont parlé de la Bretagne vue à la télé, ont pris soin de nous... Et, à la sortie, le même agent hospitalier nous attendait pour nous emmener là où nous allions avoir les coups de tampons nécessaires sur les certificats avant de repartir. Tout au long de ces allées et venues, il ne cessait de nous interroger : "Comment êtes vous venus jusqu'à l'hôpital ? à pied ? ! Saurez-vous le trajet pour le retour ? Pour combien de temps êtes-vous en Algérie ? Surtout visitez notre pays..." etc.

La gentillesse de tout ce personnel médical, la façon dont nous avons été accompagnés partout , attendus, raccompagnés et accueillis par des sourires et des mots de bienvenue nous a émerveillés. C'était comme si nous ne les dérangions pas, comme si ils n'avaient que cela à faire... Ne croyez pas que nous avons bénéficié d'un passe-droit. Non, la gentillesse était généralisée comme nous avons pu l'observer ave le soin apporté à une femme qui marchait difficilement ou un enfant visiblement en souffrance...  C'était plutôt une attention à des étrangers qui ne pigeaient pas tout !  

 

Pas de photos pour illustrer cet accueil.

Mais le tout nouveau métro aux heures de pointe !

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Nous l'avons pris avec Thibault et Cécile, coopérants comme nous, que vous voyez avec leur fils Basile dans les bras de la maman. Ils nous ava ient invités chez eux. Nous avons ensuite quitté leur appartement pour aller avec eux à une Eucharistie du dimanche soir célébrée dans une fraternité des petites soeurs de Jésus avec lesquelles nous avons partagé le repas.  (Nous en reparlerons).

 

 


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anneethubertploquin-dcc - dans 2012 - Février
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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 12:04

Encore une semaine pas comme les autres !

Lundi dernier à Tibhirine, nous avons découvert la neige.

Mardi, il faisait très beau. Mercredi, la neige avait fondu. Nous nous sommes promenés au soleil. Nous avons été abordés par un voisin du village qui nous a invités à prendre le café chez lui. Nous avons accepté. Nous avons été reçus dan un petit salon très confortable par deux des cinq frères et la maman : café et petits gâteaux. La conversation était bien sûr limitée mais l’un des frères se débrouillait un peu en français…

Vendredi matin : tout est blanc ! Mais, cette fois, c’est trente centimètres !


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Dès 7h30, Jean-Marie sort le tracteur équipé d’une barre qu’il tire et qui écarte  la neige au milieu de la chaussée. Il parcourt quelques centaines de mètres pour dégager la voie au moins pour les piétons… Le résultat est décevant : il neige tellement que tout serait à recommencer !

Heureusement, les jours précédents, les trois groupes qui s’étaient annoncés pour visiter le monastère le vendredi se sont désistés. Nous envisageons donc de rester le week-end sur place. Toutefois, par précaution, nous préparons notre valise…

P1010181--Copier-.JPGA 15h30, branle-bas de combat. Après des pourparlers avec le secrétaire de mairie, Jean-Marie a obtenu une escorte originale. Nous mettons nos bagages dans la voiture. Une pelleteuse du chantier voisin prend la voiture en remorque à l’aide d’un câble en acier et nous voilà traînés jusqu’au col !


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au col

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Là, on enlève l’amarre et nous suivons de près la pelleteuse qui racle la chaussée devant nous  pour nous frayer un passage jusqu’à Lodi. Ensuite, nous poursuivons la route de façon autonome. Il nous a quand même fallu près de trois heures pour arriver à Alger, pratiquement deux fois plus que le lundi matin.

 

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Et ce matin, à Alger, l’improbable s’est produit : il neige abondamment. Cela ne s'est pas vu en ville depuis des années. Et la neige tient ! On peut vraiment parler d’ « Alger la Blanche ».

 

 

 

 

 

 

 

 

Citrons givrés de la maison diocésaine

 

 

 

 

Certains d’entre vous nous ont demandé si nous avions des échos sur l’enquête à propos des moines et nous envoient des liens pour nous permettre de suivre l’actualité. Merci à vous ; oui, nous essayons de suivre et de lire aussi ce qui parait ici, dans les journaux locaux.

Ces articles ne troublent pas encore la quiétude de ce petit cimetière.

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anneethubertploquin-dcc - dans 2012 - Février
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