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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 14:45

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Christelle est venue à Tibhirine pour le tournage d'un documentaire. Elle nous demandé d'écrire un article pour notre blog... Elle est seule responsable des propos qu'elle y tient, même si nous les avons très légèrement abrégés !

Nous lui laissons la parole...

 

Genèse de ma visite

  Quand les parents nous ont annoncé leur intention de partir un an, j’ai d’abord été surprise, mais pas étonnée. Heureuse pour eux, enthousiaste, et extrêmement fière. Mais je dois reconnaitre que j’hébergeais aussi, malgré moi, un sentiment enfantin d’abandon, et d’angoisse : comment allais-je faire pour vivre sans les voir pendant tout ce temps ?

J’appréhendais également la réaction de ma fille, Maëlie, 18 mois au moment du départ : allait-elle oublier son Paddy et sa Mamie ?

 

Et puis, finalement, les semaines se sont écoulées, les mois sont passés… sereinement.

1-Maelie-Skype--Copier-.JPG

Je lis assidument les aventures de mes parents sur leur blog, et j’ai la chance, comme mes frères et sœur, de pouvoir parler avec eux régulièrement le week-end par Skype. Mais la distance ne pèse pas autant que ce que j’appréhendais. J’en viendrais même à remercier mes parents de m’avoir forcée à expérimenter la distance entre nous, et de réaliser ainsi que je suis plus adulte que que je ne le pensais !

Quant à Maëlie, elle est toujours aussi démonstrative quand elle voit ses grands-parents dans l’écran, et ne les a absolument pas oubliés. Au pire, elle pense peut-être qu’ils sont en deux dimensions, ou qu’ils vivent derrière une vitre…

 

  Et puis, déformation professionnelle ? J’ai pensé que l’aventure de mes parents, comme toute histoire extra-ordinaire, devait être racontée, partagée… Qu’elle en intéresserait d’autres… Qu’il fallait en garder trace, pour leurs petits-enfants, pour les autres… A ma très grande joie, toute la famille - mes parents, mais aussi mes frères et sœur - a accepté cette autre aventure, se greffant à la première : le tournage d’un documentaire.

 

C’est courageux… car accepter de se laisser filmer, c’est accepter d’avoir une caméra qui vous suit dans chacun de vos mouvements, qui entre chez vous, qui pose des questions indiscrètes… et accepter, ensuite, que vos proches et vos moins proches voient chacun de ces mouvements, entrent chez vous, entendent les réponses indiscrètes…

 

4-tournage-a-domicile--Copier-.JPGVoilà donc, cette semaine, le petit logement de mes parents, à l’entrée du monastère, transformé en QG de tournage (pied de caméra obstruant le couloir, chargeurs et câbles dans le séjour, petits bouts de scotch noir pour cacher les marques d’appareils de la maison…). 20120619--72---Copier-.JPG

 

 

 

 

Voilà donc mes parents se pliant de très bonne grâce aux contraintes techniques (“Attendez, il faut reprendre la phrase, le micro n’a plus de batteries !”. Vous êtes trop dans le noir, je vous envoie un projecteur en pleine figure !”), et, plus admirable encore, au jeu de l’interview, sans limite, sans tabou, sans fausse pudeur. Ils ont été sincères et patients, dans ce petit jeu.

Et me voilà donc, moi, le temps d’une petite semaine, témoin privilégié de leur quotidien et de leurs réflexions…

Alors que je ne pensais pas nécessairement venir pendant cette année de “jeûne parental”, mon travail m’en a donné l’occasion, et je savoure ma chance.

 

Ce qui change, ce qui ne change pas.

Depuis ce strapontin temporaire, je découvre, à  33 ans, qu’ils peuvent encore me surprendre… que j’ai encore des choses à apprendre sur eux… comme si je les rencontrais à nouveau.

 

Cette semaine, je me suis amusée à découvrir plein de tout petits changements…

Première surprise,  à l’arrivée : il suffit d’un coup d’œil pour réaliser que les mois passés ici ont donné une nouvelle jeunesse à mes parents. Leurs silhouettes, leur vitalité, et même le genou de Papa… ; tout semble avoir perdu 20 ans dans les escaliers de Tibhirine, et la bonne humeur algérienne. Comme s’ils avaient défié les lois du temps…

 

Dans les autres nouveautés :

  - Quand ils rencontrent quelqu’un ici, ils disent “Salam aleïkoum ! Labess ? Amdullah !“ et se touchent le cœur après la poignée de main. Au début, ça m’a fait drôle.

- Ils racontent des choses qui se passent en Haïti, en Israël, au Maroc, au Burkina Faso, au gré des  nouvelles des autres coopérants de leur millésime.
- Ils jouent à trouver la plus vieille voiture possible car la date de fabrication de la voiture apparait dans la plaque d’immatriculation.

- ils sont touchés quand l’appel à la prière du muezzin tombe à un moment où eux, sont en train de prier dans la chapelle.

- Papa ne se plaint plus jamais du prix de l’essence. (23 dinars le litre… soit 20 centimes… le plein de la Maruti coûte 6 euros…)

 

- Maman arpente les couloirs du monastère et les allées du jardin sans compter ses pas. Même après tout ce temps passé ici, elle continue à prendre des photos, chaque jour, de ce qui l’étonne, ce qui l’émerveille, ce qui l’amuse, au détour de ses déambulations. Papa se moque de cette manie et des prétendues 7 854 photos de couchers de soleil qui encombreraient le disque dur de l’ordinateur. Mais Maman continue à poser son œil neuf au quotidien sur ce qui l’entoure, comme pour s’imprégner des lieux encore davantage, marquer sa rétine et sa mémoire. Au fond, je crois deviner que ce qui se cache derrière cette frénésie du clic, c’est qu’elle se réjouit déjà de la perspective de partager tout cela à son retour.

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Elle classe aussi toutes les archives de photos déjà existantes, ou que certains visiteurs lui ont confiées. Comme elle connaît le monastère comme sa poche, elle identifie les lieux des prises de vue en un clin d’œil.  Elle est capable de dire  des choses comme “tiens, l’arbre qui est sur cette photo derrière les moines a drôlement poussé. Et la croix a été enlevée.”  ou encore : “cette photo est inversée, c’est sûr et certain.”

 

 


- Papa, en plus de grimper les escaliers du monastère comme un jeune homme, se préoccupe beaucoup du blog. Ou plutôt : le blog le préoccupe beaucoup !

Chaque jour, il consulte les pages. Il peaufine ses articles, valide les choix de photos de Maman, met à jour ses statistiques. Avec la carte qui indique la provenance des connexions, il essaie de deviner qui a bien pu lire l’article de la veille depuis Orléans, Lyon, Cormeray, ou Cesson-Sévigné… (il y en a qui sont plus faciles que d’autres !)6-papa-blog--Copier-.JPG

Il se désole de voir leur production d’articles chuter de mois en mois (l’équation est pourtant simple : plus il fait beau, plus il y a de visiteurs, et plus il y a de visiteurs, moins il y a de temps pour rédiger !) et s’inquiète de savoir si cela chagrine ses abonnés.

Il attend les commentaires avec avidité pour les partager avec Maman. Chers lecteurs - abonnés ou de passage  - écrivez, écrivez ! S’il vous plaît !  Si vous voyiez le sourire de Papa quand un de vos messages s’affiche sur son écran, vous ne seriez pas déçus ! ! ! 

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Papa tient aussi des statistiques sur les visiteurs du monastère. Maman, elle, colle les gommettes sur le planisphère, pour savoir d’où ils arrivent.

 

 

 

 

Et puis, il y a ce qui ne change pas :

- Il y a des photos de tous leurs petits-enfants sur les murs de leur séjour.

- Il y a du chocolat dans le placard.

- A table, ça parle souvent, comme dit mon frère, “de trucs d’Eglise”.

- Papa tient les comptes à jour, y compris ceux du monastère. Fidèle à sa rigueur et à son honnêteté, il écrit scrupuleusement “don de 58 dinars” sur le cahier de comptes si quelqu’un lui dit de garder la monnaie après avoir acheté une carte postale ou un sac de tisane (soit 50 centimes d’euros, tout de même.)

- Papa râle quand la connexion Internet est lente (c’est à dire très souvent).

- Maman hausse les épaules, soupire, ou s’en va, quand Papa râle à cause de la connexion Internet qui est lente (c’est à dire très souvent aussi, évidemment). 

 

- Maman voudrait laisser les plantes pousser où bon leur semble,20120619--62---Copier-.JPG pour égayer les allées ou les vieux murs du monastère. Papa s’applique à arracher tout plant hors norme et à ébouillanter toute jeune pousse susceptible de déformer un escalier ou un muret. Maman soupire. Papa se justifie. 

 

- Inchangée également, leur capacité à se réjouir de toutes petites choses (même si les choses, elles,  sont nouvelles : l’odeur de la confiture d’abricot, le petit lézard qui court sur les vitres du cloître, un nouveau mot appris en arabe, un mouton qui oblige Sami à piquer un sprint, un article du blog en attente depuis plusieurs semaines enfin mis en ligne, une tortue qui fait du toboggan sur la terre du cimetière, un visiteur qui connaît quelqu’un que eux connaissent aussi…)

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  9 sami court apres moutons (Copier)

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 J’ai rencontré leurs nouveaux amis ;

- Jean-Marie, qui possède une réserve d’expressions imagées impressionnantes, et dont la justesse des mots (rares) m’a frappée.

- Sami, avec son large sourire et sa bonne humeur communicative, qui fait des blagues à Papa.

- Youssef, et son rituel immuable du café matinal, qui s’amuse lui aussi des photos de Maman.

- Les enfants du village, qui courent au devant de mes parents pour ré-entendre leur prénom : “Hou-bèrre ?”

  11-avec-Youssef-et-Sami--Copier-.JPG

 

Mes parents m’ont été confiés

 Enfin, ce qui m’a frappée cette semaine, c’est le sentiment que mes parents vivent avec l’esprit des moines quotidiennement.

Evidemment, ils ne vivent pas comme des moines, puisqu’ils vivent tous les deux ensemble, dans leur petite maison à l’entrée, qu’ils sortent régulièrement, ne se plient à aucune règle de vie autre que les leurs… mais bien avec l’esprit des moines. On sent la présence des trappistes en permanence aux côtés de Papa et Maman. Dans leurs lectures (tout le salon est rempli de livres sur le sujet), dans leurs discussions, dans leurs activités… et dans la façon d’habiter, de respecter, et d’aimer ces lieux.

Oui, je me suis surprise plusieurs fois cette semaine à presque les voir, Christian, Luc, Amédée, Célestin, à leur côtés… Arpentant un couloir quelques pas devant Maman. Lisant la Bible par dessus l’épaule de Papa assis dans le canapé…

 12-livres--Copier-.JPGCe que l’attitude de mes parents m’a fait comprendre cette semaine, c’est que Tibhirine n’est pas juste le lieu lourd et chargé d’histoire tragique que l’on en fait en France. C’est un lieu de vie paisible, dans lequel le temps s’étire, dans lequel, pendant des années, des hommes de Dieu ont vécu heureux, dans la prière et le travail, et dans l’ouverture à une autre culture.

 

Mes parents, à leur manière, perpétuent cela aujourd’hui, petits maillons d’une chaîne qu’ils espèrent durable.

 

Mercredi, un groupe est venu visiter. Mon collègue Thomas et moi avons donc assisté, comme des petites souris, à la visite (Souris tout de même affublées d’une caméra de 9 kilos, un pied de 2 mètres et des câbles nous reliant l’un à l’autre).

J’ai vu  la joie des visiteurs quand le portail s’est ouvert sur un couple souriant leur proposant de visiter. J’ai vu leur émotion dans la découverte des lieux. J’ai entendu leur émerveillement face au service que rendent Anne et Hubert ici. J’ai lu leurs commentaires et leurs remerciements sur le livre d’or.

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Et j’ai compris, comme de nombreuses fois depuis que je suis née, que même si ça m’est parfois difficile, il me faut accepter de  partager mes parents... ou, m’inspirant du Prophète de Khalil Gibran, que mes parents ne sont pas que mes parents. Et bien qu’ils soient avec moi, ils ne m’appartiennent pas. Je leur ai été confiée par la Vie, comme mes frères et sœur, et nos parents nous ont été confiés aussi, par chance pour nous. Mais une fois les flèches projetées, l’arc garde toute son indépendance et sa liberté…

Dans la chapelle de Thibirine aujourd’hui, j’ai dit MERCI pour cela…

 

 

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anneethubertploquin-dcc - dans 2012 - Juin
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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 08:04

Pendant l’année nous avons lu un très beau texte sur le blog de Blandine qui est une jeune volontaire en Haïti. (Amitiés à vous, ses parents).

Blandine a fait son stage de départ en même temps que nous en juillet dernier.

 

Ce texte m’a touchée, il m’évoque le courage de mon frère Louis (qui a fait un AVC) et l’accompagnement de Catherine, auprès de lui, qui a été du quotidien … (je t’embrasse Catherine).

Il m'évoque Michel et la présence de Pascale à ses côtés. 

 

Pour la fête des pères (fêtée en France le 17juin) je vous invite à lire ce texte si bien écrit, et a découvrir une autre forme de blog.

Et je fais une dédicace spéciale à Emmanuel, Violaine, Guillaume,

                                                   Myriam, Samuel et Timothée

 

 

"Je les attends Je les attends … 

Comme un rendez-vous régulier qui vous fait du bien, je les attends !

Je les attends…

Toujours avec la même impatience

Toujours avec la même envie

Toujours avec la même curiosité

Je les attends.. mais quoi donc ?

Les lettres de mon papa !

 

 

Suite à lire directement sur son blog :  http://dcc-mamelodieahaiti.over-blog.com/

 

Merci Blandine

 


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anneethubertploquin-dcc - dans 2012 - Juin
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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 18:04

Le nom de cette petite ville est associé dans l'esprit de beaucoup à l'assassinat de douze croates en décembre 1993, au milieu des années noires qu'a connues l'Algérie.

Cette petite ville nichée au creux de la vallée est aujourd'hui bien calme. Nous la voyons chaque jour depuis le monastère qui surplombe toute la vallée.


Tamesguida vu de Tibhirine

Tamesguida-vu-de-Tibhirine--Copier-.JPG 

Tamesguida-20120621--Copier-.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est là qu'habite Robert depuis plusieurs années. Robert est un prêtre qui a longtemps vécu en ermite au coeur de la montagne. Voici l'extrait d'un livre qui parle de lui :

" Venu en Algérie après l'indépendance, [le Père Robert] s'installa seul dans la région de Tamezguida au lieu-dit Gattioua, où il passa de longues années, puis il changea de lieu et vécut à Zaddina dans la même montagne, près de quelques habitants. Il nous déclara lui-même qu'il était venu dans cette région et avait choisi cette vie pour se consacrer à la prière et pour vivre pauvrement après avoir laissé derrière lui la vie aisée et la famille dans son pays."

(in "Si nous nous taisons...", René Guitton, Editions Pocket, 2ème édition mars 2011, p. 261 sur 275.)

 


Robert est associé à un algérien pour l'exploitation de ruches, la production et la commercialisation du miel sur Alger. C'est ce qui lui permet de vivre.


 Depuis que nous sommes présents à Tibhirine (mi-décembre 2011), nous avons eu l'occasion de l'apercevoir trois fois au monastère. Mais, chaque fois, il était passé en "coup de vent", amené par l'un ou l'autre de ses amis. En mai, il est rentré quelques jours en France pour fêter le centième anniversaire de sa maman. La semaine dernière, il est venu à Tibhirine, un peu par surprise, pour accompagner une de ses amies française, elle-même conduite par sa fille Nadira. 

 

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Robert en bonne compagnie

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Comme nous devions rester au monastère tout le week-end avec nos amis, en l'absence de Jean-Marie, nous lui avons demandé s'il accepterait de venir célébrer la messe du dimanche avec nous. Il a immédiatement accepté !

Il est donc revenu le dimanche, en bus puis à pied. Le matin de bonne heure pour éviter la chaleur du jour ! Après la messe, nous avons eu la joie de le garder à déjeuner avec nous.

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                                                                                                                                    Photo Jihesse

 

Proche des moines de 1964 (date de son arrivée en Algérie) à 1996 (date de leur enlèvement), il nous a donné le témoignage de ce qu'il a vécu avec eux pendant toutes ces années. Le 26 mars 1996, lui-même était à Alger, mais il est revenu à Tibhirine le 27 malgré les conseils de prudence qu'il avait reçus. Puis il a habité le monastère, caché pendant deux années, après la disparition des moines.

Son récit nous a captivés. Mais nous pouvons aussi affirmer que, pour lui, la vie ne s'est pas arrêtée avec le départ de ses amis. Il s'intéresse toujours autant aux algériens au milieu desquels il est installé et auxquels il donne lui aussi sa vie. Il s'intéresse aussi à tous les amis, connus ou nouveaux, qui viennent lui rendre visite en Algérie.

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Après ces moments de bonheur passés en sa compagnie, nous l'avons reconduit chez lui par une petite route de montagne largement endommagée lors du dernier hiver. Spectacle grandiose que nous avons eu le temps d’apprécier compte-tenu de la vitesse moyenne de notre déplacement !

 

A Tamesguida, la rue et ses piétons !

Sur-la-route-.--Copier-.JPGTamesguida--Copier-.JPG

 

 

 

 

 

 

Tamesguida

 

 

 

 

La-maison-de-Robert--Copier-.JPG

 

 

 

Une maison de Tamesguida

Elle est habitée au rez de chaussée

 

 

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Sur la route du retour vers Tibhirine

 

 

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Tibhirine vu de Tamesguida

la mosquée à gauche de la photo

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anneethubertploquin-dcc - dans 2012 - Juin
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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 15:44

« Mangez-vous correctement ? » La question nous a été souvent posée...

Nous mangeons chez nous, tous les deux ou avec les amis de passage ; nous avons une petite cuisine mais, c’est un sujet sans intérêt, pour vous qui nous lisez. 20120518 (50) (Copier)Quand nous sommes à Alger, nous profitons de la cuisine faite par des algériennes, nous nous en portons très bien.

Cependant voilà quelques aperçus dans nos journées ; pour certains c’est du connu… pour nous, ce sont les richesses de notre quotidien !

Les photos sont prises à diverses saisons… Ne soyez pas surpris de l’habillement.

 

Tous les matins vers 9h30 nous faisons une pause à la « cafétéria » de Jean-Marie. Le rituel est immuable : alignement des verres par Youssef, un peu de sucre en poudre dans les verres puis :  café.

   2012 01 (13) (Copier)20120509--52---Copier-.JPG20120518 (88) (Copier) (2)

 

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    Un jour de grand soleil où nous étions nombreux : le café a été pris dehors.

 

Il y a souvent des habitués de Tibhirine qui viennent prendre ce café avec nous, surtout en hiver.

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Le café est aussi pris à  d’autres moments…

 

 

 

 

 C’est bien agréable ! Mais partout, un modèle unique de cafetière : « à l’italienne »P1000604--Copier-.JPG

 

 

 

 

 

 

Les algériens sont de très gros mangeurs de pain, on trouve les baguettes chez le boulanger et des galettes de pain fabriquées chez eux. La maman de Sami a essayé de m’initier à cet art : pétrir, faire cuire… tout un art ! J’ai ainsi passé de très agréables  après-midi en famille.

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Quand nous sommes invités l’après-midi, nous avons un café au lait,  toujours très accompagné ; 20120510--39---Copier-.JPGdans toutes les familles chez lesquelles nous sommes allés, nous étions assis sur de petits tabourets bas, matelas au sol ou banquettes basses autour d’une table basse… 20120425--11---Copier-.JPG Je n’ai pas vu de table et chaise haute comme chez nous ; toute la famille vit au ras du sol.

 

 

Chez les petites sœurs de Jésus aussi, le repas est «  au sol ».20120415--87---Copier-.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lors de fête ou mariage, il est habituel de partager avec ses a mis  et, on reçoit ainsi un petit ballot avec des gâteaux « bien  algériens », semoule, au miel, sucre : Makroud, Baklawa, Rahat al-halqoum20120503--16---Copier-.JPG… délicieux !

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A la maison qui nous héberge à Alger (Maison diocésaine), il y a des cuisinières très agréables ; deux d’entre elles ont commencé a m’initier à l’art du couscous : rouler, mettre à la vapeur, préparer les légumes…

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Et lors d’une visite d’algériens à Tibhirine nous avons découvert le couscous –pique-nique :

Tout est apporté sur place et ensuite une distribution se fait par groupe : un plat pour 3à 5 personnes : pas d’assiette, on mange dans le plat tous ensemble et du "petit lait" apporté dans de grands bidons est servi comme boisson.Le couscous est toujours un plat partagé.

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Nous avons goûté a bien d’autres Couscous, Dolma, Chorba, Bourak, Kefta… mais pas de photos à table !

 

 

 

 

 

Côté cuisine, beaucoup connaissent les confitures de Tibhirine ; le grand chef est Youssef avec, quasi

toujours, deux ou trois marmites à surveiller ; ce matin c'était les fraises ....

20120522--5---Copier-.JPG 20120510--17---Copier-.JPGje n’ai pas de photo de notre amie Jacqueline S. avec Youssef … Dommage car le tandem était bon, même si les points de vue sur les temps de cuisson ou la façon de mixer, n’étaient pas les mêmes ! ! !

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Après ce petit aperçu culinaire, vite un verre de Hamoud… limonade algérienne de longue date.


Et bon appétit !

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anneethubertploquin-dcc - dans 2012 - Juin
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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 09:44

 

Nouveauté...

Aujourd’hui, ce sont des lecteurs habituels de notre site qui ont accepté de nous partager leurs impressions au cours de leur séjour ici, à Tibhirine. Jackie (de la région nantaise) est venu pour la semaine avec son épouse Jacqueline, et aussi avec André et Jacqueline (de la région de Périgueux). Depuis des années, nous faisons équipe ensemble avec deux autres couples qui n’ont pas pu se joindre à nous mais auxquels nous dédions tout spécialement cet article.( 5 couples = Club des cinq )

  Anne-et-les-autres--Copier-.JPG

Jackie :

Depuis juillet dernier, ILS nous entraînent dans leur aventure. Depuis début décembre, nous les suivons presque pas à pas, de neige en canicule, de semailles en fenaison, d’incertitudes en enthousiasme.  

Alors, oui, il nous a paru important d’aller vérifier sur place ce qui se "tramait" réellement autour et dans ce mythique monastère de Tibhirine.

 

 

  Un jeune algérien, Jacqueline, André, Anne,

Jackie, Jacqueline ; au fond, le monastère.

 

Tous les quatre, nous avons découvert un lieu de rencontres, de recueillement, d’émerveillement. Durant les quelques jours passés ici, nous avons croisé, salué des personnes que, dans d’autres lieux, je qualifierais "d’extrêmes" : Monsieur l’ambassadeur et un ouvrier agricole ; une jeune femme algérienne pétillante et volontaire ; un français, bientôt retraité, venu accompagner Michel, ancien camarade de séminaire de Christian de Chergé.

Michel-celebrant--Copier-.JPG Michel Boullet (Copier)

 

 

 

Michel célébrant l'Eucharistie


 Michel avec André et Jacqueline lors du repas.

 

 

 

Nous avons pu échanger avec des examinateurs du Bac algérien, venus au monastère après leur journée d’épreuves bachelières.

Anne et Hubert accompagnent les visiteurs venus seuls, en couple ou en groupe. Ils essaient de faire passer, toujours et encore, le message que les moines ont voulu laisser en terre algérienne : la prière, le travail et la vie de relations avec les habitants d’ici.Petit-dejeuner--Copier-.JPG

Jacqueline-et-Nadira--Copier-.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

avec Nadira        

        et, avec Grégoire, Simon et Fanny

 

  Si le circuit de visite commence par la chapelle, nous avons vu des personnes revenir en ce lieu avant de repartir. Chrétiens ou musulmans constatent que le lieu est simple et invite au recueillement.

Tibhirine restera pour nous un lieu de paix et d’ouverture. Les moines voulaient que ce soit une présence de priants parmi d’autres priants en terre algérienne. Jean-Marie, le prêtre "jardinier de Tibhirine", Anne et Hubert, et d’autres qui assurent l’accueil ici, poursuivent ce que les moines ont commencé. Nous avons été témoins du rayonnement de Tibhirine en Algérie et au-delà. Il est à souhaiter que ce lieu ne soit pas perçu comme un musée qu’on visite, mais un lieu de ressourcement. C’est un lieu qui vit.

Jackie.

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Souhail le fils de Youssef

dans les bras de sa maman

 

 

 

 

 


 

Jacqueline D. :

Aujourd’hui nous sommes invités par Sami pour visiter sa maison qu’il est en train de construire. En descendant dans le village, nous sommes interpellés par les enfants d’un joyeux 20120609--14---Copier-.JPG"bonjour " avec un grand sourire. Nous saluons des hommes qui ont travaillé avec les moines ; nous sommes touchés par leur accueil, leur poignée de main ferme, leurs yeux pétillants, leur accolade ; ils sont heureux que nous soyons là.

 


Sami nous accueille dans la maison de famille où nous attendent ses parents qui nous20120609--15---Copier-.JPG expriment avec beaucoup de chaleur leur joie de nous recevoir, leur reconnaissance exprimée par des embrassades. André avec son côté méridional peut se laisser aller à sa chaleur naturelle et il ne s’en prive pas ! Nous dégustons galettes, gâteaux, café au lait. Nous ressentons beaucoup de joie, de bonheur ; les petits enfants viennent nous embrasser très spontanément…

20120430--8---Copier-.JPGA chaque rencontre, les moines sont très présents dans les échanges ; on mesure l’impact qu’a eu leur présence, la maman de Sami est heureuse de nous dire qu’elle a appris le français avec le frère Amédée ; de même Ben Ali, qui nous a invités à nous arrêter chez lui, a appris la plomberie et l’irrigation avec frère Paul ; il est fier de nous montrer son jardin. Nous repartons les bras chargés de délicieuses galettes confectionnées par son épouse. Nous sommes émerveillés par ces rencontres chargées d’amour et de générosité.

Jacqueline.

 

 


Nos amis sont arrivés pour la cueillette du tilleul et des cerises. Avec eux, nous avons partagé le travail, les repas, la détente... et vécu beaucoup de temps d'échanges et de rire !

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anneethubertploquin-dcc - dans 2012 - Juin
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  • : Récit illustré d'un séjour en Algérie : les personnes rencontrées, les lieux visités, les activités réalisées...
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Qui sommes-nous ?

nous deux

 

Anne et Hubert Ploquin

VSI: Volontaires pour la solidarité internationale

partis avec la DCC :

Délégation catholique pour la coopération.

 

Mariés depuis 38 ans, nous avons 5 enfants

2 gendres et 2 belles-filles

12 petits-enfants...

La DCC

la DCC, première association française d'envoi
de Volontaires de Solidarité Internationale.

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